Patrick RYAN (1881-1964)

Athlète américain

Né en Irlande, Patrick Ryan remporta sa première grande victoire en 1902 : le tout jeune lanceur de marteau s’imposa dans le Championnat d’Irlande en battant le célèbre Tom Kiely. En 1910, il émigra aux États-Unis, où il portera les couleurs de l’Irish-American Athletic Club et s’engagera dans la police de New York. En 1912, son talent aurait pu lui permettre de participer aux Jeux Olympiques de Stockholm, mais c’était impossible car il ne possédait pas encore la nationalité américaine. En 1913, il établit un record du monde (57,77 m) qui tiendra 25 ans. Vainqueur du concours de lancer du marteau des Jeux Interalliés en 1919, il faisait figure de grand favori pour les Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. Il tint son rang : avec un jet de 52,875 m, il obtint la médaille d’or, devançant largement le Suédois Carl Johan Lind (48,43 m). Durant ces Jeux d’Anvers, il s’adjugea aussi une médaille d’argent, dans la curieuse épreuve de lancer de la pierre de 56 livres, battu par son compatriote Patrick McDonald. En 1924, il retourna vivre dans son Irlande natale, où il exploita la ferme familiale.

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Richmond LANDON (1898-1971)

Athlète américain

Étudiant à Yale, le sauteur en hauteur Richmond Landon fut champion universitaire en 1919 et en 1920, champion des États-Unis en 1920 puis en 1921. Sélectionné pour les Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920, il s’adjugea la médaille d’or (1,936 m), devant son compatriote et rival Harold Muller (1,90 m). Mais Richmond Landon avait sans doute connu une émotion plus forte encore, sur le paquebot qui traversait l’Atlantique pour acheminer la délégation américaine à Anvers : il fit la connaissance de la plongeuse Alice Lord, tomba amoureux, et les tourtereaux se marièrent en 1922. Richmond Landon établira son record personnel en salle (1,96 m) en 1923.

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Warren KEALOHA (1903-1972)

Nageur américain

Originaire d’Hawaii, Warren Kealoha fut le premier grand spécialiste de la nage sur le dos. À l’âge de 16 ans, en 1920 à Anvers, sur 100 mètres dos, il remporta sa première médaille d’or olympique, tout en battant le record du monde (1 min 15,2 s). Dès lors, il régna dans les compétitions de nage sur le dos : en 1924, aux Jeux de Paris, il s’adjugea une nouvelle médaille d’or sur 100 mètres dos (1 min 13,2 s) ; en 1926, à Honolulu, Warren Kealoha établit son quatrième record du monde sur 100 mètres dos (1 min 12,6 s). Notons que les sources indiquèrent longtemps qu’il était le frère de Pua Kealoha, médaillé d’argent dans le 100 mètres nage libre et médaillé d’or dans le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux d’Anvers. Les recherches les plus récentes indiquent qu’il n’en était rien.

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Percy HODGE (1890-1967)

Athlète britannique

Né à Guernesey, Percy Hodge se fixa à Bexhill-on-Sea. Sa carrière sportive fut perturbée par la Première Guerre mondiale, et il ne remporta son premier titre de champion de Grande-Bretagne sur le steeple qu’à 28 ans. Son succès, en 1920, dans ce championnat est resté dans les mémoires : il a perdu sa chaussure dès le deuxième tour de piste et, quand il put reprendre la course, le peloton le devançait de 100 mètres ; cela ne l’empêcha pas de remporter l’épreuve avec 75 mètres d’avance sur son dauphin. Aux Jeux d’Anvers, la même année, alors que la distance du steeple était pour la première fois de 3 000 mètres (ce qui deviendra la norme), Percy Hodge se montra supérieur à tous ses rivaux : il s’imposa en 10 min 0,4 s, devançant de 20 secondes le deuxième, l’Américain Patrick Flinn.

Percy Hodge fit évoluer le style de franchissement des obstacles, qu’il « avalait » à la perfection : personnage original, il n’hésitait pas à s’aligner au départ de courses de démonstration en portant un plateau, avec une bouteille et des verres, et réussissait à rejoindre l’arrivée sans renverser une goutte.

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Frankie GENARO (1901-1966)

Boxeur américain

Frankie Genaro est surtout connu pour sa carrière chez les professionnels, puisqu’il fut plusieurs fois champion du monde des poids mouche de 1928 à 1931. Mais Frankie Genaro fut aussi champion olympique : en 1920, aux Jeux d’Anvers, il obtint la médaille d’or en battant en finale le Danois Anders Pedersen. Frankie Genaro passa professionnel juste après sa victoire olympique, devint champion des États-Unis en 1923 en battant Pancho Villa. En 1928, à l’issue d’une victoire contre Frenchy Belanger, il devint champion du monde des poids mouche. La ceinture mondiale changea plusieurs fois de propriétaire, Frankie Genaro récupérant son titre en 1929 face à Emile Pladner. Il défit par la suite Victor Ferrand, Jackie Harmon et Valentin Angelmann, mais perdit son titre contre Young Perez en 1931.

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Frank FOSS (1895-1989)

Athlète américain

Après des débuts prometteurs (il remporta le concours de saut à la perche de l’Intercollegiate Association of Amateur Athletes of America en 1915 et en 1916), Frank Foss, fut contraint d’interrompre sa carrière car il fut mobilisé durant la Première Guerre mondiale. Il ne put reprendre les compétitions d’athlétisme qu’en 1919. Sélectionné pour les Jeux Olympiques d’Anvers en 1920, il remporta le concours de saut à la perche en réalisant un grand exploit : malgré la pluie, il parvint à effacer une barre située à 4,09 m, établissant un nouveau record du monde ; en fait, il écrasa le concours, puisque son dauphin, le Danois Henry Petersen, n’a réussi que 3,70 m. Frank Foss remporta aussi le titre de champion de l’Amateur Athletic Union en 1919 et en 1920.

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Albert HILL (1889-1969)

Athlète britannique

Albert Hill réalisa le doublé 800-1 500 mètres aux Jeux Olympiques d’Anvers en 1920, ce qui constitue un exploit rare. Il le fit dans des conditions très difficiles, puisqu’il fut presque obligé d’intenter un procès à sa Fédération pour pouvoir prendre part aux Jeux !

Albert Hill remporta le titre de champion de Grande-Bretagne des 4 miles en 1910, avant de connaître une éclipse sportive. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, Albert Hill servit en France dans le Royal Flying Corps. En 1919, Albert Hill remporta le 880 yards et le mile des Championnats de Grande-Bretagne. L’année suivante, il connut une désillusion en étant battu par le Sud-Africain Bevil Rudd sur 880 yards lors de ce même championnat ; en outre, ayant préféré se consacrer au 880 yards, il ne disputa pas le mile. De ce fait, il ne fut pas sélectionné pour disputer les deux épreuves de demi-fond pour les Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920, car les dirigeants le trouvaient « trop vieux ». Albert Hill protesta, menaça de faire un procès à sir Harry Barclay, dirigeant de la Fédération britannique. Finalement, il fut autorisé à embarquer pour Anvers : or la traversée de la Manche fut difficile en raison de la tempête ; Albert Hill arriva en camion quelques heures avant le début des séries du 800 mètres olympiques ; il eut également la surprise de voir que les organisateurs avaient placés tous les meilleurs coureurs dans la même série afin « de laisser une chance aux autres ». Malgré toutes ces difficultés, Albert Hill remporta le 800 mètres, devant l’Américain Earl Eby et le Sud-Africain Bevil Rudd. Deux jours plus tard, il s’imposa sur 1 500 mètres, devant son compatriote Philip Noel-Baker. À Anvers, il obtint également la médaille d’argent dans le 3 000 mètres par équipes. L’année suivante, il établit son dernier record de Grande-Bretagne sur le mile, avant de prendre sa retraite sportive.

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Frank LOOMIS (1896-1971)

Athlète américain

Champion des États-Unis sur 220 yards haies en 1917 et en 1918, Frank Loomis était loin d’être le favori du 400 mètres haies aux Jeux d’Anvers, en 1920 : le titre semblait promis à son compatriote John Norton, qui venait de battre le record du monde (54,2 s). Pourtant, il s’octroya la médaille d’or et le record du monde (54,0 s), s’imposant largement devant John Norton (54,6 s). Notons que le frère de Frank, Jo Gilbert Loomis, était un sauteur en hauteur et un sprinter talentueux (il fit partie de l’équipe olympique de 1920 en tant que relayeur remplaçant).

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Charlie PADDOCK (1900-1943)

Athlète américain

Charlie (ou Charley) Paddock dispute de nombreuses épreuves durant ses études à l’université de Californie du Sud à Los Angeles, dont il sera diplômé en 1922. Charlie Paddock est militaire en 1918-1919 et, pendant la Première Guerre mondiale, il sert dans l’artillerie. Lors des Jeux Olympiques d’Anvers en 1920, il remporte la médaille d’or sur 100 mètres (10,8 s), devant son compatriote Morris Kirksey (10,8 s également) et le Britannique Harry Edward (10,9 s). Il se dit que, avant la finale, il avala un verre de xérès avec deux œufs crus battus ! Il gagne aussi le relais 4 fois 100 mètres, battant, avec ses coéquipiers Jackson Scholz, Loren Murchison et Morris Kirksey, le record du monde (42,2 s). Il est également médaillé d’argent sur 200 mètres (22,0 s), devancé par son compatriote Allen Woodring (22,0 s). L’année suivante, il retranche 2 dixièmes de seconde au record du monde du 100 mètres (10,4 s). Son temps ne sera amélioré qu’en 1930 (par le Canadien Percy Williams, 10,3 s). Il bat aussi le record du monde du 200 mètres, qu’il détiendra jusqu’en 1926. Toujours en 1921, Paddock devient recordman du monde du 100 yards. Lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924, il termine cinquième du 100 mètres et deuxième du 200 mètres (21,7 s), derrière Jackson Scholz (21,6 s).

Après sa carrière sportive, Charlie Paddock se lance dans la presse et connaît le succès en tant qu’auteur et éditeur. Alors qu’il sert dans les marines pendant la Seconde Guerre mondiale, il meurt dans un accident d’avion, près de Sitka, en Alaska.

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Jonni MYYRÄ (1892-1955)

Athlète finlandais

Les lanceurs de javelot sont considérés depuis toujours comme des héros en Finlande. Le premier de cette dynastie virtuelle se nomme Jonni Myyrä, champion olympique en 1920 et en 1924. En 1919, il améliora le record du monde (66,10 m) détenu depuis 1912 par le Suédois Eric Lemming. En 1920, il se présenta en grand favori aux Jeux Olympiques d’Anvers. Pourtant, il faillit tout perdre en un instant : alors qu’il se reposait, le javelot de l’Américain James Lincoln heurta son coude et manqua de le transpercer ! Plus de peur que de mal : avec un jet de 65,78 m, Jonni Myyrä s’imposa, devant ses compatriotes Urho Peltonen et Pekka Johansson. En 1924, aux Jeux de Paris, il s’adjugea une nouvelle médaille d’or (62,96 m), devant le Suédois Gunnar Lindström (60,92 m). Après son triomphe, Jonni Myyrä, victime de soucis financiers en Finlande, émigra aux États-Unis et s’installa à San Francisco. Là, il mit au point des méthodes d’entraînement novatrices.

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